Le prix de l'enfance-Chapitre 10
Par Emyla, mercredi 7 janvier 2009 à 04:48 :: [Fanfictions] :: #360 :: rss
J'avais prévu terminer cette fic bien plus tôt. Malheureusement, plusieurs contretemps comprenant aussi de petits problèmes de santé m'ont empêché de continuer. Mais maintenant que tout va bien, on continue!
Ce chapitre est en quelque sorte la suite du chapitre 8. Alors, ce sera un peu du même style, avec beaucoup d'émotions qui évoluent très rapidement. Je sens aussi que peut-être quelques personnes vont m'en vouloir pour ce que je fais faire à Spirou et Seccotine. Rien de très explicite ni de très détaillé, mais disons que c'est plus clair que dans le "tombeau des champignac". :P Je tiens tout de même à avertir les lecteurs de la présence de cette scène qui est un peu osée.
Il ne reste que deux chapitre après celui-ci avant de connaître enfin la fin de l'histoire!
Il lui restait quelques mètres à faire avant d'arriver à l'appartement de son amie. Tout à coup, un scooter arriva à toute vitesse sur le trottoir et lui bloqua la route. Spirou reconnu tout de suite la conductrice; la seule qui oserait conduire à cette vitesse en ville sans casque. Elle jeta un rapide regard par-dessus son épaule.
-Spirou! dit-elle sans se retourner. Tu as fait vite.
Seccotine stationna son scooter et revint vers lui tout en détournant son regard le plus possible.
-Ce doit être vachement important ce que tu as à me dire pour que tu sois venu si rapidement, continua-t-elle.
-Que vas-tu penser? Nous sommes ensemble dans cette enquête et on s'informe de ce qu'on trouve, non?
-Oui. Mais, pour te dire la vérité, j'aimerais ne plus avoir à la faire, cette enquête.
-Hein?
En plus d'être surpris par cette réponse, Spirou remarqua que Seccotine avait encore plus mauvaise mine que la veille. Il lui demanda plus doucement:
-Ça va? Tu es toute pâle…
-Oui, oui, ça va… j'ai seulement froid. Allons chez moi: le temps est trop moche…
-Tu es sûre? Demanda-t-il de nouveau en la retenant par la main. Tu commences sérieusement à m’inquiéter. Tu devrais peut-être aller voir un docteur…
-Non, je n’en ai pas besoin! Répondit-elle en reprenant brusquement sa main. Allez viens : je suis gelée…
Elle fit volte-face et ouvrit la porte d'entrée et Spirou la suivit sans rien dire de plus. Il avait de nouveau peur que ce soit son comportement de la veille qui faisait réagir son amie ainsi et cela le mettait mal à l'aise. Jamais il n’avait voulu lui faire de peine, il ne savait seulement pas comment réagir à de telles émotions. Alors qu'il était venu la voir principalement pour tenter d'y voir un peu plus clair, elle semblait maintenant si fermée, si froide qu’il n’osait plus lui parler de ses interrogations sur ses sentiments pour elle.
En entrant, elle enleva rapidement son manteau et alla vers la cuisine. Il ne restait plus aucune trace de la petite crise qu'elle avait eue la nuit précédente. Consciencieusement, elle avait tout remis en ordre. Elle s'était répété que jamais elle ne voudrait avoir à expliquer un événement tout à fait incompréhensible pour elle.
Spirou resta dans le vestibule un petit moment avant d’enlever son blouson et ses chaussures mouillées et de la suivre. Avant même qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, elle l’apostropha dès qu’il entra dans la pièce.
-Alors? Que voulais-tu me… dire de si... important?
Elle parlait lentement et les mots semblaient difficiles à prononcer. Mais il décida de ne pas y faire attention. Si elle voulait faire comme si tout allait bien, il valait mieux jouer le jeu. Du moins, pour l'instant.
-Eh bien, dit-il, Fantasio a découvert Michaël Thibault.
-Quoi? Poussa-t-elle, le souffle coupé. Où donc?
-Je te le donne en mille: tout près de chez les Becker! Il était accroché à un arbre et... enfin, c'est une longue histoire. Il est sain et sauf, c'est ce qui est important.
-Plus de doute maintenant… Je vais aller tout de suite là-bas. Non, pas maintenant, je…
Elle se tut soudainement et mit la main droite sur son front et prit appui sur un mur avec l’autre. Le cœur de Spirou se mis à battre de plus en plus fort. Il accouru vers elle et l'aida à s'asseoir.
-Secco! Maintenant, tu vas me dire ce qui ne va pas… Tu... J'ai peur pour toi.
-Je suis si fatiguée et embrouillée... Je ne suis pas sûre que tu comprennes...
-Allez, parle-moi! Je suis tellement inquiet, si tu te voyais! Ce n’est pas à cause de moi j’espère… Je sais que je n'ai pas été très chic hier.
-Non… ne t’inquiète pas, tu n'y es pour rien. C’est moi… Je… je reviens de chez la mère de Julie.
-Ah bon? Dit Spirou en se demandant quel était le lien.
-La barrette lui appartenait, sans aucun doute. Je lui ai même laissée. Je suis restée avec elle une bonne partie de l'avant-midi à discuter.
-Mais c'est une bonne nouvelle, non? Dit-il en se voulant rassurant. Maintenant, nous sommes encore plus fixés.
-Oui, mais...
-Mais?
-Je t'avais dit que je me sentais bizarre depuis le début de cette enquête et que ça me rendait folle de ne pas savoir pourquoi. Maintenant, je sais. J'ai tout compris en parlant avec cette mère qui avait perdu son enfant.
Elle détourna la tête, mais Spirou lui pris délicatement le menton pour la ramener vers lui.
-Vas-tu enfin me dire ce qui se passe?
-C'est moi le problème... C'est vraiment stupide, dans le fond, mais si difficile à expliquer. C'est comme si je découvrais mon instinct maternel...
-Hein? Ton instinct maternel? Euh, je ne suis pas sûr de comprendre...
-C'est idiot. Je me mets à la place des mères à qui on a enlevé leur enfant et je ressens presque les mêmes choses qu'elles, c'est complètement fou! Je me sens vraiment mal, je suis inquiète sans raison et surtout, j'ai envie de tuer ce type, tu comprends, de le tuer et ce, peu importe qui c'est!
Spirou ne dit rien. Il n'était pas sûr de comprendre ce que Seccotine ressentait réellement. Mais, ce dont il était sûr, c'est que cela semblait la faire énormément souffrir de prendre conscience de ce qu'elle considérait comme une faiblesse. Après un soupir, elle continua sur sa lancée.
-Alors, elles, elles sont courageuses et elles affrontent l’adversité avec une détermination incroyable! Mais moi, moi qui ai affronté des dangers aux quatre coins du monde, moi qui ai tenu tête à des criminels sadiques, qui ai passé des mois dans la jungle, moi, et bien ça me déstabilise tant que je ne vois plus rien. J'ai seulement peur... et je suis inquiète pour ces enfants. J'en perds tous mes moyens...
Elle mis sa tête entre ses mains, mais elle ne pleurait pas, elle réfléchissait à ce qui s'était passé. Oui, c'était maintenant devenu clair pour elle. Elle se remémora les paroles échangées avec la mère de la fillette. Pour une fois, elle avait totalement oublié le reportage et elle se concentrait seulement sur ce que la femme lui disait. Seccotine lui avait demandé de lui expliquer comment elle vivait cette épreuve. Cela lui avait fait un choc... cette femme décrivait exactement ce que la jeune journaliste ressentait. La mère parvenait à mettre des mots sur ce que la jeune femme était incapable de cerner.
Cela faisait déjà plusieurs fois qu'elle revivait cette rencontre dans sa tête pour essayer de comprendre, de trouver une explication rationnelle à tout cela. Mais elle savait bien qu'il n'y en avait pas. Ce n'était que des émotions, les émotions ne s'expliquent pas.
-Il ne mérite pas de vivre... dit-elle finalement dans un murmure.
-Je ne te reconnais plus Seccotine...
-Moi non plus, c'est ça qui est le plus difficile à supporter... Ce n'est pas moi ça! Pourquoi penses-tu que je déprime ainsi? Je ne suis plus moi! Des sentiments, des inquiétudes que je ne connaissais pas ont surgit. Non… Je ne perds jamais mon sang froid, mais présentement, c'est plus fort que moi. C'est comme si une partie de moi que j'avais fait taire durant des années se réveillait...Je n'aime pas ça... Oh, Spirou! Je voudrais n'avoir jamais eu à faire ce reportage! Je veux redevenir comme avant!
Elle se leva brusquement en poussant sa chaise derrière elle si fort qu'elle la fit tomber. La détresse semblait s'être métamorphosée en véritable colère.
-Parce que maintenant, je ne suis plus capable de rien! Tout ce que je veux, c’est voir ces salauds morts et enterrés… Je pourrais les tuer de mes mains! Poussa-t-elle dans un cri.
-Calme-toi. Je t'en prie! Supplia Spirou qui tenta de la raisonner.
-Je ne peux pas me calmer! Je me retiens depuis des jours et maintenant, je n'en peux plus! Je suis épuisée, tu comprends? Et qu'est-ce que je peux faire? Je ne suis même pas capable de faire mon métier convenablement! Je suis devenue une incapable à cause d'un sentiment stupide que, moi, je ne devrais même pas avoir! Je ne dors presque plus, j'ai même des cauchemars... Je veux me ressaisir, mais je ne peux pas! Tu comprends? Je ne PEUX pas!
Elle était rouge de rage et ses yeux devenus mouillés brillaient de rage pendant qu’elle tenait Spirou par sa chemise. Le pauvre pensait bien qu’elle allait la lui arracher du corps. Elle commençait franchement à lui faire peur. Brusquement, elle lâcha le lâche et se calma. Elle s’effondra sur une chaise, le regard dans le vide.
-Je… je suis désolée… je ne me comprend plus ... Je trouve ça un peu difficile. Tu ne devrais pas subir ça.
Il prit une autre chaise et s'assit près d'elle. Il lui caressa affectueusement le dos en essayant de trouver les mots pour la calmer.
-Je peux difficilement me mettre à ta place, Seccotine. J'imagine que seulement une femme pourrait te comprendre. Mais je suis ton ami et te voir dans cet état me brise le cœur.
-Je ne devrais pas t'imposer tout ça... je suis désolée..., répéta-t-elle sur un ton plus apaisé. Ça va tout de même un peu mieux. Je crois que j'avais besoin de le crier. J'ai découvert des émotions inconnues et ça m'a fait peur. Et c'est si difficile à expliquer... j'ai vraiment l'impression que ces enfants étaient les miens! La mère de Julie m'a dit ce qu'elle ressentait, et c'était exactement la même chose. C'est seulement que, elle, elle comprenait et elle maîtrisait tout cela.
Des larmes commencèrent à couler sur ses joues. Des larmes... Spirou n'en avait jamais vues dans les yeux bleus de son amie et il pensait ne jamais en voir. Comme malgré lui, il la prit tendrement dans ses bras et elle s'accrocha à lui comme une petite fille qui vient de faire un cauchemar. Les pleurs se déversèrent comme un torrent. Quelques instants passèrent ainsi. Les sanglots se calmèrent, puis Seccotine se dégagea des bras de Spirou en s'essuyant frénétiquement les yeux. Elle prit une grand respiration et se mit droite sur sa chaise. Il reconnu alors chez elle un puissant désir de faire comme si rien ne s'était passé, de sauter par-dessus ce moment de faiblesse. Il décida alors de la rassurer.
-N'ai pas honte de ça. Tu sais, c'est tout à fait normal.
-C'est peut-être normal pour certains, mais ce ne l'est pas pour moi.
-Tu es une femme comme une autre, après tout…
-Mais je ne suis pas comme les autres!
-Non, c’est vrai. Tu n’es pas comme les autres... Mais tu restes une femme. Une femme qui pourrait avoir des enfants un jour. Des enfants pour qui tu auras un attachement unique que tu peux déjà ressentir avant même qu’ils ne soient au monde.
-Moi, avoir des enfants? S'exclama la jeune femme avec scepticisme. Je ne pense pas que ça soit possible! Mais avec un instinct maternel aussi fort, je commence à me poser quelques questions à ce sujet... Je n’ai pas vraiment envie de parler de ces choses, je n’ai jamais été portée à regarder l’avenir, dit-elle finalement en secouant la tête.
-Je sais…
-Spirou... Je ne sais pas si j'ai envie de continuer cette enquête. Non seulement je n'aime pas le sentiment qu'elle me donne, mais j'ai aussi l'impression de ne faire que des bêtises. Peut-être devriez-vous continuer sans moi?
-Tu plaisantes? Sans toi, qui sait combien de temps cela nous aurait pris pour se rendre où nous sommes maintenant? Si tu ne t'étais pas infiltrée dans l'école, nous n'aurions jamais eu de contact avec Stéphanie Becker, tu le sais.
Elle haussa les épaules sans rien dire.
-Tu sais, continua le rouquin, nous sommes près du but et nous avons besoin de toi. Deux des enfants sont retrouvés, c'est plutôt une bonne nouvelle, non?
-Peut-être...
-Tu ne fais jamais ça, laisser tomber une enquête de cette façon, voyons!
-Mais elle a si mal commencée. Je ne sais plus… Peut-être que j’ai besoin d’un peu de temps encore… Je ne suis pas tout à fait remise.
Elle se tut un instant puis regarda Spirou avec curiosité.
-Mais dis-moi, tu n'as pas l'air en très grande forme, toi non plus...
-Pas vraiment. Je n'ai pas beaucoup dormi la nuit dernière. Mais ce n'est pas important. Maintenant, c'est toi qui compte.
Avec le revers de sa main, Spirou essuya une larme qui avait résisté et qui continuait de perler sur son visage et, sans qu'il n’ait pu s'en empêcher, il embrassa doucement les minces lèvres roses. Un baiser si tendre, si doux, que Seccotine senti des frissons qui parcoururent tout son corps. Il s’éloigna rapidement en s’excusant.
-Je suis désolé... je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça...
-Moi je sais.
-Hein?
-Je ne voulais pas te le dire, mais j'étais éveillée quand tu t'es approché de moi, hier soir.
-Ah bon? prononça-t-il en se sentant rougir de la tête aux pieds.
-Tu n’as pas à t’en vouloir, tu sais. D’ailleurs tu n’es pas le seul en ce moment à te poser des questions.
-Tu sais... hier soir… je… enfin j’étais bien avec toi... Je pense que c’était à cause de l’alcool. Je ne fais pas ce genre de choses, tu sais! Tu me connais et...
-Oh oui, je te connais! Et je ne te demande pas de te justifier. De tout façon, je suis sûre que tu ne pourrais pas. Spirou, je dois te dire que, pour ma part, comme si je n'en avais pas assez de tous mes problèmes, j’ai passé une vraie nuit blanche hier à me remémorer sans cesse notre soirée et c’est toi qui avais raison...
-À propos de quoi?
-J’ai sûrement fait exprès pour te faire devenir mon fiancé, même si c'était inconscient. J’avais le choix d’approuver ou non cette gamine quand elle m’a posé la question…
-Je ne sais pas quoi te dire, Seccotine... Normalement, je t'aurais dit que c'est inutile et que tu perds ton temps à me faire des avances comme ça. Mais je ne peux pas te dire cela, car aujourd’hui, je suis complètement sobre, bien que fatigué, et je ne suis plus tout à fait sûr de moi.
-Alors nous sommes deux.
Seccotine se jeta dans les bras de son ami et le serra le plus fort qu'elle le pouvait. Spirou devint confus; il avait l'impression qu'il n'avait plus aucun contrôle sur ses gestes. Ce qu'il ignorait, c'est que c'était aussi le cas de son amie.
-Mais je n'ai plus envie de me poser des questions... plus envie de penser... murmura-t-elle.
Cette fois, c'est elle qui l'embrassa, mais il ne s'agissait pas d'un baiser tendre. Il laissait plutôt transparaître une passion désespérée. Les émotions étaient devenues trop intenses. N'ayant plus la force ni le désir de résister, il s'abandonna complètement.
Ils s'abandonnèrent.
Ils s'abandonnèrent aux baisers, aux caresses jamais trop fortes.
Ils s'abandonnèrent à ce que leurs corps leur disaient de faire. Tout le reste n'existait plus, comme s'ils n'étaient guidés que par leur inconscient.
Tels deux danseurs d'un tango enflammé, ils se dirigèrent à l'aveuglette vers la chambre sans se détacher l'un de l'autre. Les vêtements s'envolèrent, comme s'ils étaient en feu. Les jambes s’entremêlèrent, les corps s’enlacèrent.
Ils firent l’amour en silence, comme s'ils se connaissaient par cœur alors qu'ils se découvraient. Ils le firent sans perdre aucun moment, comme si leur survie en dépendait avec un étrange mélange de douceur et de féroce intensité.
Dieu seul sait combien de temps il s’est écoulé…
***
Seccotine et Spirou étaient tous les deux couchés sur le dos et ils fixaient le plafond. Le rouquin brisa le silence en disant, avec un ton désespéré:
-Mais qu'est-ce que j'ai fait?
-Tu n'es pas le seul responsable, il faut être deux pour faire ce qu'on a fait.
-Ça ne me ressemble pas du tout!
-Mon cher Spirou... ni toi, ni moi n'étions dans notre état normal.
-Non, pas du tout. Parce que, je te le jure, ce n'est vraiment pas mon genre!
-Hi hi! Ne soit pas inquiet! Je le sais très bien. Je ne diffuserai pas de fausses rumeurs à ton sujet, le taquina la blondinette.
Spirou décida de se taire même s'il était encore assez perturbé. Il senti que la blondinette était à peu près dans le même état, ce qui le rassura un peu. Un silence paisible s'installa de nouveau avec, encore une fois, la trame sonore rassurante de la pluie qui martelait les fenêtres. Spirou regarda Seccotine, toujours étendue. Alors que ses sentiments étaient complètement emmêlés depuis plusieurs heures, tout était maintenant devenu clair. Il ne savait pas comment son amie allait réagir, mais il devait le lui dire.
-Seccotine, commença-t-il doucement. Nous ne pouvons pas être ensemble, c'est impossible.
-Je suis d'accord.
-C'est vrai?
Il était étonné et très heureux d'une réponse aussi rapide et claire. C'est que, pour elle aussi, toutes ses émotions s'étaient enfin remises en ordre et elle n'avait pas eu les idées aussi claires depuis plusieurs jours. Elle se redressa sur ses coudes, puis, devant l'étonnement de son ami, elle s'expliqua.
-Oui. Je ne suis réellement plus amoureuse de toi. Ce n'était qu'un autre effet indésirable de mon... heu, disons, ouragan émotionnel des derniers jours, si j’ose dire! Enfin, je crois... Je cherchais du réconfort qui sait? Mais je t’ai toujours beaucoup apprécié, Spirou. Tu es quelqu’un d’extraordinaire… Mais au grand jamais je n’aurais cru que ça irait si loin.
-Moi non plus, je n'aurais jamais cru! Je t’apprécie beaucoup moi aussi, tu comptes beaucoup pour moi. Mais ça restera là. Et je crois que ce serait bête de gâcher une si belle amitié, non?
-Mmmh, tu as raison! Peut-être que nous avions besoin de... de cela pour se rendre compte finalement que c’est mieux qu’on aille chacun de notre côté. Comme avant.
- Oui... Bon sang! s'exclama-t-il en se relevant pour s'assoir. Je ne peux pas expliquer pourquoi tout ça est arrivé, ce que j'ai pu penser, comment ai-je pu...
-Ça n'a plus d'importance maintenant, Spirou, le coupa Seccotine. Je crois que ce sera mieux pour nous d'oublier tout cela.
-Tu as sans doute raison… Il faut essayer en tout cas.
-Quand je pense que...
Seccotine s'interrompit aussitôt. Elle se dit que ce n'était peut-être pas une bonne idée que Spirou sache que quelques jours auparavant, elle hésitait carrément entre lui et Fantasio.
-Que tu penses quoi? Demanda le rouquin.
-Rien. C'est sans importance.
Elle se leva et alla chercher ses vêtements qui s’étaient éparpillés un peu partout dans la chambre. Spirou l’imita quelques instants plus tard. Il achevait de boutonner sa chemise quand il entendit un petit rire narquois de l'autre côté du lit.
-Quoi? Qu’est-ce qu’il y a de drôle?
-Hé! Hé! Oh! Trois fois rien. Je me disais seulement que pour quelqu'un qui dit ne pas avoir d'expérience dans la chose, tu te débrouilles pas mal!
-Très drôle! Répondit-il, à moitié irrité, à moitié amusé. J'ai quand même eu une vie, même si je ne suis pas Fanta... Nom de nom! Fantasio! J'avais oublié! Il nous attend chez les Becker avec Michaël!
-Mon Dieu, c'est vrai!
Ils se dépêchèrent d'achever de s'habiller puis ils sortirent de la chambre.
-Il sera très content de voir que tu vas mieux, dit Spirou en mettant son blouson sur ses épaules.
-Oui, je vais mieux… C’est grâce à toi en partie: tu étais là pour moi. Et puis, on dirait que d’avoir compris, de l’avoir craché en quelque sorte, ça m’a libérée. Je me sens légère. Avant, c’était comme si j’étais prisonnière ou attachée à une angoisse et maintenant, je suis libre! Et si ça peut te rassurer, je ne souhaite plus tuer les coupable, seulement les voir en prison.
-Ça me rassure, oui!
-J’ai tellement perdu de temps à cause de cette stupide histoire. Je ferais n’importe quoi pour revenir en arrière.
-Mais ce n’est pas possible, Seccotine.
-Je sais! Et c’est pour ça qu’on va reprendre cette enquête et cette fois, rien ne m'arrêtera! Surtout pas une amitié de carnaval comme celle que Stéphanie ose me proposer!
-Ha! Ha! Bravo! Là, je te reconnais! Dire que tu voulais abandonner tout-à-l'heure...
Seccotine balaya l'air de sa main énergiquement pour signifier qu'il était temps de tourner définitivement la page.
-Allons-y! Je vais en même temps aller donner une leçon de journalisme à Fantasio! Heu… en passant il ne faut pas lui dire un mot de tout ceci. En tout cas, pas pour le moment.
-Tu peux compter sur moi! S’il demande ce qu’on a fait pendant tout ce temps, et bien, on dira qu’on a discuté.
-C’est ça! On a discuté. Ce n’est pas tout à fait faux d'ailleurs.
Spirou regarda dans les yeux de son amie une dernière fois avant de sortir et un grand sourire se dessina sur son visage quand il vit de nouveau la lueur d'espièglerie qui les caractérise et les illumine tant.

Commentaires
1. Le mercredi 7 janvier 2009 à 18:07, par Kristaline
2. Le jeudi 8 janvier 2009 à 16:46, par Emyla
3. Le vendredi 9 janvier 2009 à 04:12, par Freddy
4. Le dimanche 11 janvier 2009 à 19:27, par Emyla
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.